Billets de pailhes-alain

  • MB RACE 2018

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    Jose col du jaillet mb race 2018

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    MB Race 2018 / Les 3 mousquetaires...

    Récit par J2M:

    Samedi 7 juillet 17h, José, Michel et moi-même sommes devant le podium pour la remise des récompenses des différents parcours de la MB RACE 2018. Les podiums du 70 kilomètres se succèdent, scratch, féminines, M1, M2, M3. 

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    Place au 100 kilomètres, Michel et José sont prêts à immortaliser ma première place sur cette distance en M3 50 ans et plus, et je me fais chambrer. Comme d’habitude la bonne humeur et  l’amitié sont  au rendez-vous. Après quelques places d’honneur, Cette fois je suis sur la boite, et sur la plus haute marche. Les photos pour le site internet du club seront sympas,  et le trophée viendra agrémenter ma collection de plaques de course. Je m’en veux car j’ai oublié la veste sans manche aux couleurs du club. Mais alors que le podium des M2 se termine, ……… rien, pas de présentation, pas d’excuses, pas de podium pour les M3, pas de trophée ni de photo. Michel va interroger l’animateur, réponse laconique  « il n’y a pas de podium M3 » Nous sommes désabusés, on se dit que c’est mesquin, qu’il n’y en a que pour les élites.

    Sans nous laisser abattre, nous n’attendons pas le podium des pros et préférons aller boire une bière sur la terrasse de l’hôtel avec une vue magnifique sur les montagnes.

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    Cet épisode est un peu à l’image de ma journée, une succession de haut et de bas.

    Retour au départ à 6h, plus de 1000 participants sur la ligne, avec José et Michel nous sommes assez bien placés, dans la première moitié du peloton. Les trois premiers kilomètres sur la route me permettent de gagner des places. Viennent ensuite les sentiers vers CORDON, dont je saute le ravitaillement, direction le col du JAILLET. Je n’ai pas un super tonus, mais de la force, et dans la longue ascension  de sept kilomètres vers le col, je rattrape des coureurs isolés et des groupes,  la moyenne horaire  est bonne. Le passage du portage du goulet au col est fluide, ce qui ne sera malheureusement pas le cas pour José et Michel qui resterons bloqués longtemps dans l’embouteillage. Je suis au sommet en 1h58 pour 24 kilomètres parcourus, tout va bien. Cette année j’ai décidé de supprimer la ceinture cardio et de suivre mes sensations. La descente du Jaillet  en direction de  LA GIETTAZ n’est pas trop humide et hormis 50 mètres très raides et glissants, tout passe sur le vélo, l’an dernier sous le déluge, j’avais tout descendu à pieds et encore j’étais tombé !

    A la GIETTAZ  il y a beaucoup de monde pour  encourager les  coureurs, pourtant il n’est pas tard. Je m’arrête au ravitaillement, je profite ensuite du poste de lavage qui n’est pas encombré pour nettoyer ma transmission, passage à l’assistance technique, petit graissage, regonflage des pneus qui étaient vraiment sous gonflés et je repars. Je file le long du ruisseau l’ARONDINE qui coule des ARAVIS, le vélo est super bien réglé, c’est le pied ! Je traverse la route des ARAVIS et débute la montée vers la tête du TORRAZ, mais nous n’irons pas au sommet. Je dois être bien, car je double doucement des concurrents. Les pulsations cardiaques ne me semblent pas très hautes, je peux tenir longtemps à ce rythme. Il faut que je sois à MEGEVE au 70° kilomètre vers 12h. Descente vers PRAZ sur ARLY par le single dans les bois qui étaient  impraticables l’an dernier et qui ne présentent  pas de grande difficulté cette année. Ensuite nous empruntons des chemins en faux plat avec quand même quelques bons raidards à plus de 15% qui font mal aux jambes. A cet endroit, la vue est magnifique sur le Mont-Blanc qui est totalement dégagé. Il commence à faire chaud et je ne regrette pas de n’avoir mis que notre maillot.

    45°Km PRAZ sur ARLY 3h50 de course, il y a beaucoup de monde pour nous encourager, le moral est bon, tout va bien. Je ne le sais pas mais je suis 1° M3 et 31° au scratch.  Je mange, fais refaire le plein de mon CAMELBAK qui est presque vide « avec du produit de l’effort » me dit la gentille bénévole avec un grand sourire. «  Oui ça sera mieux que de l’eau » je prends également des barres, et je repars en direction d’une des ascensions les plus dure que je connaisse, la montée du mont VORES jusqu’au mont VERY, 11.2 Km et plus de 1000m de positif avec des portions à plus de 20% classé hors catégorie sur TRAVA ! Heureusement les tous premiers kilomètres après le ravito sont assez plats et permettent tourner les jambes et de se préparer à ce défi. Je mange une barre protéinée pas très bonne, je bois et…, beurk  le produit est un truc à la menthe pas bon, mais il faut que je m’hydrate et que je mange avant l’ascension. Le pied du col est bien raide et demande un gros effort, et malheureusement après une vingtaine de minutes, mon ventre n’a pas aimé la mixture ou les barres ? L’envie de vomir apparait, des douleurs au ventre, et là c’est plus pareil. La montée est très difficile, je ralentis le rythme en limitant l’effort. Pour finir je dois m’arrêter et faire une pause. En plus ma selle a bougé et j’ai très mal à l’intérieur des cuisses et au bas du dos.

    A l’arrivée au ravito de mi pente, je vide le produit de l’effort et demande de l’eau, il faudrait que je mange, mais ce n’est pas possible. Comme je n’ai pas assez bu, j’ai la bouche très sèche et je dois être bien déshydraté. Je repars en essayant de limiter le temps perdu, et en buvant très souvent et par toutes petites gorgées. Je monte,  pas vite, mais je monte et cette fois, on me double. Les jambes ont de la peine à tourner, j’ai l’impression que j’ai la circulation sanguine coupée  à l’intérieur des cuisses, en plus nous approchons des 2000m d’altitude. Je finis la dernière rampe en poussant, mais c’est le cas de tous les concurrents. J’ai mis deux heures pour franchir cette cote ! Je constate que l’arrivé à MEGEVE pour 12h est  inaccessible car j’ai perdu plus de trente minutes dans cette ascension par rapport à ce que je fais habituellement. Le moral n’est pas très bon et je pense arrêter  au 70° kilomètre. Le sommet passé, la descente sur une piste puis en sous-bois passe sans encombre, et me permet de me réhydrater un peu. A l’approche de MEGEVE il faut faire un choix, connaissant les trente kilomètres suivants. Je décide finalement de continuer tranquillement, de profiter du beau temps, de régler mes problèmes de selle et d’aviser pour la suite en roulant. Passage de la barrière horaire de MEGEVE 12h45, au ravitaillement j’avale un peu de coca, un morceau de banane, je prends le temps. Je passe également par l’assistance technique SHIMANO qui modifie mon inclinaison de selle, lubrifie ma chaine. Maintenant, direction le mont d’ARBOIS avec vu sur le MONT BLANC.

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    Après les rampes difficiles des premiers kilomètres, le faux plat du plateau de Croix sur des sentiers forestiers en sous-bois me fait du bien, je peux à nouveau tourner les jambes, et le ravitaillement commence à faire effet. Nouveau ravito au kilomètre 85 avant la montée de huit kilomètres, je prends à nouveau le temps, coca, banane, compote, TUC, remplissage de ma réserve d’eau, pas de fromage ou de saucisses grillée,  il ne faut pas faire deux fois la même erreur !

    La montée se déroule correctement, et bien que la fatigue soit présente, je passe tout en vélo alors que beaucoup de concurrents alternent vélo et marche, il est 14h30 le temps est magnifique et il fait assez chaud. Arrivé en haut du mont JOUX à 2000m d’altitude, traversée de plaques de neige puis descente vers l’AVENAZ, avant de remonté sur 2Km vers le col du mont d’ARBOIS. Viennent ensuite 7 kilomètres de descente vers MEGEVE par une piste dévalée à très haute vitesse, puis passage en prairie et dernière partie en single dans les bois avec un sol couvert de racines et quelques belles marches. Nous partons ensuite à flanc de montagne direction COMBLOUX, ce sera cinq kilomètres  très « casse pattes » avec une succession  de petites descentes et montées qui font bien mal aux jambes. Même si je suis entamé,  je double encore deux ou trois concurrents! La décision de m’arrêter au 100° est prise, je pense avoir trop entamé mes réserves. Je pourrais passer la barrière horaire, mais je ne veux pas faire 40 kilomètres de galère et de souffrance, juste pour finir. Je ne suis pas venu pour cela. La piste m’amène tout en bas de COMBLOUX, puis montée très raide vers le lac ou je double un dernier concurrent, je tourne à droite, panneau de la bifurcation pour le 140 à gauche, mais je file droit vers la  ligne d’arrivée du 100. J’ai  105 kilomètres et  5004m de D+ au GPS, au passage de la ligne. L’animateur m’accueille  « nouvel arrivant finisher du 100 kilomètre dossard 749 Jean-Marc MARTIN, 40° au scratch et vainqueur de la catégorie  MASTER  3 en 10h02 »

    Là j’ai un petit moment de flottement, ce n’est pas possible, 40° au scratch je suis déjà surpris, mais 1°M3! Il doit y avoir une erreur, je ne peux pas être premier M3, J’ai été très mal un tiers du parcours. Je me fais confirmer. Je suis bien premier M3. Après une petite interview sur le déroulement de ma journée, l’animateur me précise que le podium est à partir 17h. Petite collation et je remonte sur le vélo, j’appelle Michel qui vient d’arriver à MEGEVE, nous décidons de nous retrouver à l’hôtel avant d’aller au podium. Je n’ai pas appelé José le croyant toujours en course, Michel m’apprend qu’il n’a pas pu passer la barrière horaire pour 20mn perdues au Jaillet dans le « fameux bouchon du goulet»

    Alors que je roule je m’en veux, j’aurais dû continuer, mes sensations m’ont induit en erreur, et je me suis trop écouté. Les coups de mou et galères en tous genres sont inévitables dans ces épreuves ultra, il faut les surmonter, j’aurais dû être un peu plus « UN GUERRIER » comme le dit José.

    Après un petit coup de mou physique et moral collectif bien normal après de tel effort, nous nous sommes réhydraté et le moral est remonté en flèche! Nous avons passé un super week-end, merci à José et Michel pour leur convivialité et leur bonne humeur.  Bravo à eux pour leurs performances, merci aux collègues du club pour leurs encouragements à distance.

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    Nous n’avons pas totalement réussit nos challenges, il y a encore des choses à travailler, mais nous n’avons pas dit notre dernier mot…NOUS SOMMES DES GUERRIERS AU CCT.

    PS : 20 juillet, mail de l’organisation de la MB RACE m’informant que suite à l’absence de podium M3 du 100 kilomètres, ils vont m’envoyer un lot et le trophée !!!!

    Le voilà...

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