MB RACE 2015 (par Jean-Marc)

Nous y voilà !.... Il est 5h55 ce 4 juillet 2015, nous sommes dans le sas de départ de la MB RACE, et le speaker nous annonce le départ dans cinq minutes. Avec mes amis du CHARLY CYCLO TEAM, José, Antoine, Didier, Jean-Marie et Alain. Nous avons préparez ce « défi » depuis le printemps, accompagnés par d’autres membres assidus du club. Alain et moi sommes engagés sur le 100kms et le reste de notre équipe sur le 70kms. A l’approche du départ, massés au milieu des 1000 concurrents, la pression monte d’un cran, nous sommes économes de paroles.

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J’ai une petite inquiétude, car même si je me sens bien depuis quelques semaines, la canicule qui étouffe la France est bien présente sur COMBLOUX. Il fait déjà très chaud à 6h et je n’ai pas beaucoup d’expérience sur des parcours tels que celui qui nous est proposé, encore moins avec des températures pareilles. 
Un coup de corne de brume et le départ est donné. J’ai décidé de supprimer les affichages de fréquence cardiaque, altitude et autre dénivelé de mon GPS, pour n’en garder que 2 :La distance et l’heure. J’ai ajouté une alarme sonore toutes les heures. Mon objectif est de parcourir chaque heure 10 kms, ravitaillements compris. Même fatigué, je devrais être capable de faire ce calcul de tête ! 

Les premiers hectomètres s’effectuent sur le goudron en montée ce qui permet à l’organisme de se mettre en route (pour la température il n’y a rien à faire, tous est bien chaud) Je me cale sur mon rythme habituel et les sensations sont bonnes. Je me retourne pour chercher Alain, que je ne trouve pas dans la foule des concurrents. Je double un assez grand nombre de participants, et lorsque nous quittons la route pour le chemin nous menant à CORDON, je roule dans un groupe beaucoup moins dense. La première sonnerie de mon alarme après une heure me permet de constater que le début de course est bon puisque j’ai parcourue 13.7kms. Je ne m’arrête pas au premier ravitaillement de CORDON même si le liquide de ma poche à eau commence à être bien tiède ! Direction le col du Jaillet.

Les premières petites montées très raides me permettent de constater que mon développement (24/36) est un peu long et même si je passe, un passage en souplesse aurait été préférable. Puis viens un long passage de chemin forestier où il est possible d’emmener du braquet et où je continue de doubler doucement. La fin est un single en prairie avec des petits portages. J’ai rattrapé une féminine avec qui je roule, sponsorisée par BMC ; plus tard à la maison, en regardant les photos des podiums, je la reconnaitrai sur la plus haute marche du 70kms. La descente du JAILLET ne présente pas de grosse difficulté et je me sens bien sur le vélo qui fonctionne parfaitement, je passe les quelques grosses marches que certains font à pieds, la chaleur est supportable et je suis au-dessus de ma moyenne, tout va bien. 
Au ravitaillement de LA GIETTAZ, je prends mon temps, mange, et refait le plein de ma poche et du bidon qui me permet de m’arroser.
S’en suit une petite portion le long d’une rivière en faux plat descendant et à l’ombre. Je traverse une route et attaque une montée en sous-bois avec des portions bien raides suivie d’une descente rapide qui m’amène au pied de la montée de la tête de la TORAZ. Cette montée est très longue et presque toujours au soleil ; la chaleur est étouffante et je m’arrose beaucoup. Le sol très sec est comparable à de la farine grise. J’occupe mon esprit avec mes calculs, mon heure d’arrivée approximative, des questions sur la position des collègues, est-ce qu’Antoine, qui craint la chaleur ne souffre pas trop … A mi- pente, dans un virage sur la gauche, se trouve une source où déjà plusieurs concurrents sont arrêtés ; J’en fais de même, m’arrose le visage, décide de poser mon casque et de me passer la tête, puis mon casque, sous l’eau fraiche. Je remplis ma gourde pour m’arroser et c’est repartit sous un soleil de plomb. Passage du panneau annonçant le kilomètre 50, si les jambes font mal dans cette très longue montée et si la température est accablante, je suis toujours en avance sur l’objectif. 

Au ravitaillement du GATEAU, je tente de manger des TUCS (c’est pour le sel … !), mais malgré beaucoup d’eau bue, je n’arrive pas à avaler. J’ai un petit passage à vide dans les portages bien raides, et commence à me demander si je vais partir sur le 100. Les portions à pieds en poussant le vélo font très mal aux mollets et je décide de le porter plutôt que de le pousser, ce qui est plus confortable. La boisson de ma poche est totalement chaude et simplement immonde. Entre la tête de la TORRAZ et le JAILLET, premiers petits problèmes techniques : la chaine très sèche bloque lors du passage du grand plateau et se coince sur la base arrière. Je règle le problème et repars, mais un peu plus loin, nouveau blocage. Et là je ne sais pas si c’est l’altitude ou la fatigue, mais je ne m’arrête pas pour lubrifier ma chaine alors que j’ai le nécessaire dans le sac. De plus je n’ai plus rien dans ma poche à eau ce qui m’étonne ; je bois donc et m’arrose avec ma gourde. Nouveau déraillement juste avant le ravito du Jaillet où heureusement l’arrivée est en descente. Après avoir bu, refait le plein de mon sac (où bizarrement il restait de la boisson…) mangé est m’être copieusement arrosé je pense à graisser ma chaine avec l’aide d’un bénévole qui m’annonce qu’il me reste 10kms de descente. Un rapide calcul me laisse espérer une arrivée à COMBLOUX vers 12h30, mais je ne sais pas si je vais avoir le courage de continuer par cette chaleur, 30kms de plus !

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Heureusement la descente est magique ça doit être un parcours d’enduro avec virages relevés, sauts et tout ce qu’il faut pour s’amuser. Je rattrape deux concurrents que je double dans un passage abrupt où ils hésitent. A 12h30 je passe la barrière horaire et retrouve Laurence, Géraldine la femme d’Alain, leur petite Lou, et Alexandre le fils de Didier. Ils m’expliquent qu’ils nous suivent sur le système de chronométrage LIVE TRAIL : j’étais attendu pour 12h40, Alain est attendu pour 14h. Quant à José, Antoine, Didier et Jean-Marie, leurs passages leurs sont aussi signalés aux autres points de chronométrage. Je mange, je bois, avec l’aide d’une bénévole, je règle le problème de ma poche à eau qui en fait était collée et m’empêchait d’aspirer dedans. Je fais graisser ma chaine au point technique. Je me fais totalement doucher par un bénévole, prends mon temps pour respirer et décide d’y retourner pour 30kms. Même si je sais que ça va très certainement être dur avec la chaleur, j’ai toute l’après-midi pour finir et plus de barrière horaire. 

Me voilà donc reparti après 23mn d’arrêt ! Avec une pensée pour Alain et les autres.Les 10 premiers kilomètres me paraissent interminables, j’ai l’impression que je n’avance pas. Pourtant la moyenne horaire est tenue. Le coup de grâce est, après un long faux plat montant, l’arrivée au BETEX avec une vue imprenable sur le sentier qui serpente à flanc de montagne jusqu’au MONT JOUX en plein soleil. Je bois encore, m’arrose encore (ou plutôt me douche !) je ne mange rien car ça ne passe plus. J’ai la mauvaise idée de demander à un bénévole la distance et le dénivelé à parcourir « environ 6kms et on passe de 1400m à 1950m d’altitude » Cette montée sera dure… Si les jambes vont plutôt bien, la chaleur est terrible, il est environ 14h. Je fais la montée tranquillement, comme celle du MONT D’ARBOIS où je fais un passage à pied. Le panneau du kilomètre 90 est franchi. En haut du MONT D’ARBOIS le moral est au beau fixe, encore des bénévoles avec quelques bouteilles d’eau pour nous accueillir. J’en ai fini avec les montées, il me reste cette descente que je décide de faire en faisant attention à la chute. Je respire beaucoup et à fond pour m’oxygéner au maximum. La descente est technique avec des racines dans tous les sens, heureusement elles sont sèches. Mouillées ça doit être vraiment sportif. Je passe où d’autres sont à pied, je double des concurrents, à l’aise avec mon vélo, heureux. Les racines laissent place à la prairie et je me dis que l’arrivée est proche. Puis vient le goudron pour l’arrivée sur Megève, les bénévoles me guident et me donnent des conseils que je n’entends pas.

Dernier virage et la ligne est franchie, après 9h54, interview du speaker, qui me demande si le 100 était mon objectif et quel a été la partie la plus difficile. Oui le 100 était l’objectif, et la montée du MONT JOUX a bien été la partie la plus dure avec cette chaleur. Il m’invite à me restaurer et j’y vais. Je téléphone à Laurence qui ne me répond pas ainsi qu’à José et Jean-Marie avec qui je n’ai pas plus de chance. Un bénévole me dit que deux ostéopathes sont à notre disposition, et j’en profite. Il me remettra une vertèbre en place. Entre temps j’ai eu Laurence qui était à la piscine avec Géraldine, Lou et Alexandre. Elle m’apprend qu’Alain est passé à 13h30 et qu’il est sur le parcours ; les autres collègues sont arrivés, fatigués mais sans problème. Je lui dis que je retourne à l’hôtel, ce que je fais en mode décrassage, en fait je suis bien, pas très fatigué, mon esprit vagabonde et je fais le calcul de mon arrivée potentielle sur le 140kms au même rythme que les trente derniers ça fait… 20h. Bon il faut que j’arrête les calculs. On verra ça l’année prochaine…. 

A mon arrivée à l’hôtel les collègues du 70 sont attablés devant une bière que je partage avec eux. Alain arrivera un peu plus tard en ayant également bouclé le 100. Nous formons une belle équipe ! Reste à convaincre quelques autres «guerriers » à participer à l’aventure ! Ce récit y participera je l’espère.

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Je remercie au passage et au nom de tous les participants nos épouses, compagnes, pour leur patience lors de cette préparation.

Ouverture du défi 2016. 
JM 

Commentaires

  • AlainP
    • 1. AlainP Le 26/11/2015
    Y à plus qu'à remettre ça en 2016!!!
    En espérant qu'il fera un poil moins chaud...

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